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A l'école des enfants heureux... ou presque

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Réalisée par l’Observatoire International de la Violence à l’Ecole pour l’UNICEF France

 

UNICEF / Gil Fornet

Mars 2011 2

Résumé des principaux résultats

Rappel : Enquête Observatoire International de la Violence à l’Ecole réalisée pour l’UNICEF France grâce au

soutien financier de NUTRISET, avec l’aide technique du MEN/DEPP. Echantillon de 157 écoles dans 10

académies, 12326 élèves du cycle 3.

1 : Sur le climat scolaire en général

A l’école élémentaire, l’impression de bien-être personnel ressenti dans leur école est affirmé par la

majorité des enfants : 52% disent qu’ils se sentent tout à fait bien et près de 37% plutôt bien, même

si un nombre d’élèves non négligeable (environ 11%) disent y être plutôt mal à l’aise (8,4%) ou « pas

bien du tout » (2,7% des élèves).

Cette impression de bien être s’appuie sur un véritable plébiscite en faveur des enseignants : près de

89% des élèves estiment ces relations très bonnes (55,2%) ou bonnes (33,5%).

2 : Sur les différentes catégories de victimation par les pairs

En moyenne les victimations sont plutôt limitées et on notera que plus de 9 élèves sur 10 déclarent

ne pas avoir peur dans leur école. Cependant les chiffres montrent l’existence de victimations non

négligeables. Par exemple un peu plus de 16% des enfants répondent avoir été affublés souvent ou

très souvent d’un surnom méchant, 25% avoir été injuriés souvent ou très souvent et 14% avoir fait

l’objet de rejet de la part d’autres élèves. Le racisme fréquent est rapporté par 7% des répondants.

En ce qui concerne les violences physiques 17% disent avoir été frappés par d’autres élèves souvent

ou très souvent, et les bagarres fréquentes sont rapportées par 14% des répondants.

Les violences entre pairs à connotation sexuelle ne sont pas rares : 20% des élèves disent avoir été

regardés aux toilettes, 14% forcés de se déshabiller et 20% forcés d’embrasser un autre élève. Les

vols apparaissent moins fréquents puisqu’à part la catégorie « vol du matériel scolaire » (fréquente

pour 11% des élèves) les autres catégories de vol ne sont fréquentes que pour des minorités de

répondants. Cependant 3,2% ont été victimes d’extorsion répétée par un autre élève et 1,4% par un

groupe.

Si le fait d’être dans un réseau de l’éducation prioritaire aggrave les risques, cette aggravation reste

faible.

Les garçons sont sur le plan de la violence verbale nettement plus agresseurs et victimes que les

filles, aussi bien dans le cas de menaces et d’insultes que de moqueries ou de surnoms méchants.

Les filles sont légèrement plus victimes de médisances, mais les médisants sont des garçons plus

que des filles (44% des auteurs contre 32% pour les filles et 24% en groupes mixtes).

La violence physique touche plus nettement les garçons (63% vs 53% des victimes), largement plus

agresseurs (67% des agressions physiques sont le fait de garçons dont la moitié en groupe contre

20% par des filles et 12% par des groupes mixtes).

3 : Sur la victimation par les adultes

Un peu plus de 13% des répondants estiment avoir été rejetés par un enseignant. 4,6% des élèves

s’estiment victimes de racisme de la part d’un adulte dans leur école, plus souvent les personnels de

la cantine que les enseignants. 5,5% des élèves déclarent avoir été frappés occasionnellement par

un adulte de l’école dont 1,7% souvent ou très souvent.

Mars 2011 3

4 : Sur la victimation répétée

Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique peut être estimé à environ 14% des

élèves, compris entre 8% d’élèves victimes d’un harcèlement sévère à assez sévère et 6% d’élèves

soumis à un harcèlement modéré.

Le taux de victimes de harcèlement physique à l’école peut être estimé à 10% des élèves, compris

entre 5% d’élèves victimes d’un harcèlement sévère à assez sévère et 5% d’élèves soumis à un

harcèlement modéré.

Le taux de victimes d’un harcèlement qui cumule violences répétées physiques et verbales à l’école

peut être estimé à 11,7% des élèves, compris entre 4,9% d’élèves victimes d’un harcèlement sévère

à assez sévère et 6,7% d’élèves soumis à un harcèlement modéré.

Toute les catégories de victimation apparaissent fortement liées : une victime d’un quelconque type

de harcèlement (verbal, symbolique, physique) est bien plus souvent victimes de violence

d’appropriation ou à connotation sexuelle.

Le harcèlement est souvent agi en groupe, et très souvent en groupe mixte. Un lien peut être établi

entre harcèlement et jeux dangereux : 6% des non victimes disent avoir joué au jeu du foulard contre

plus de 38% des victimes de harcèlement sévère.

5 : Victimation répétée et climat scolaire

Les victimes de harcèlement perçoivent plus négativement le climat scolaire, dans toutes ses

dimensions. Par exemple, si 2,2% des non victimes disent avoir peur souvent ou très souvent, plus

de 47% des victimes de harcèlement très sévère sont dans ce cas. Si 2,6% des non victimes ne se

sentent pas bien à l’école ce mal-être augmente avec l’augmentation de la répétition victimaire (58%

des victimes de harcèlement sévère disent ressentir ce mal-être).

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Remarques finales

Quelles que soient les difficultés révélées par notre enquête, il convient de noter, vu du côté des élèves,

une encore grande solidité de l’école élémentaire, y compris dans les quartiers sensibles. Il n’est pas sûr

que ces résultats soient les mêmes que ceux que nous pourrons tirer des réponses des enseignants

auprès desquels nous lançons une enquête concernant leur propre victimation et leurs perceptions du

climat scolaire. En effet si l’on en croit la recherche nord-américaine (Gottfredson et Gottfredson, 1985) la

victimation des professeurs seraient beaucoup plus liée aux données sociales que celle des élèves.

Mais il est en tout cas périlleux de parler d’un effondrement de l’école élémentaire, quand sont affirmés

fortement le bien-être de près de 9 élèves sur 10 et la qualité de leurs relations aux enseignants.

Cependant notre enquête livre des résultats beaucoup plus difficiles pour une minorité d’élèves assez

importante.

Nous estimons à environ 11-12% le taux d’élèves harcelés, ce harcèlement pouvant monter à 14%

pour le seul harcèlement verbal et symbolique

psychologiques, les conséquences en termes de santé mentale et les conséquences scolaires de ce ou

ces harcèlements telles qu’elles ont été mises en évidence par la recherche internationale : décrochage

scolaire, absentéisme, perte d’estime de soi, tendances dépressives et suicidaires de long terme. On

comprendra alors combien notre enquête montre l’importance quantitative de cette violence cachée, qui

n’avait pas jusqu’ici été mesurée avec autant de précision.

Notre recherche n’a pas été réalisée dans un but prescriptif : elle ne vise pas à donner des « solutions »

contre la violence, mais à la décrire.

Cependant tout nous conduit à une préconisation massive :

par une action en profondeur sur le harcèlement entre pairs est primordial.

santé publique et de sécurité publique est important. Une étude longitudinale très ambitieuse menée par

l’Université de Cambridge sur 411 garçons suivis de l’âge de 8 ans à l’âge de 48 ans a récemment montré

par exemple comment le bullying était directement relié chez les agresseurs à une vie marquée par la

violence, la délinquance et finalement l’échec personnel.

Intervenir dès le plus âge non pour ficher et punir mais pour aider et prévenir est un droit des enfants :

contre les effets de long terme du harcèlement entre pairs, il est nécessaire d’établir et d’appliquer des

politiques publiques et des programmes efficaces : il s’agit d’interrompre la construction d’une victimation

continue et celle d’une carrière sinon délinquante du moins violente.

La recherche a d’ailleurs bien montré que

étaient à la fois plus efficaces et coûtaient beaucoup moins chers en termes de dépenses de

santé, d’assistance sociale et de maintien de l’ordre que les dispositifs ultérieurs de répression ou

de traitement.

Le véritable pragmatisme politique et la morale peuvent ici se rejoindre au service des jeunes et des

enfants en difficulté.

Il faut encore préciser qu’il ne faut pas confondre prévention précoce et répression précoce ou fichage

des « bullies ». Le profilage comporte un risque de sur-identifier les élèves et de stigmatiser des

populations, augmentant finalement la violence réactionnelle à cette stigmatisation. Pour autant affirmons

qu’il est nécessaire de penser des programmes de sensibilisation (en population générale, avec l’aide des

médias, des ONG, des institutions), de mettre en place des actions de formation pour reconnaître le

harcèlement à l’école.

Il est tout aussi juste de vouloir adapter aux réalités locales et culturelles des programmes spécifiques de

haute qualité et reposant sur des standards scientifiques qui visent à développer des compétences

sociales chez les enfants (en particulier l’empathie). Ces actions nécessitent un consensus dans les

établissements scolaires : l’amélioration du climat scolaire est fortement relié à une baisse des

victimations. Ce consensus doit aussi se faire jour sur le plan politique et sociétal :

l’école ne peut significativement diminuer qu’avec des actions de très long terme : violence en

continu, il nécessite une action qui sache elle aussi prendre son temps.

. Il convient de se rappeler les conséquencescentrer la lutte contre la violence à l’écoleSon coût en termes deles programmes de prévention précoce du harcèlementOn comprendra que l’intelligence politique et économique est de miser sur la prévention.le harcèlement à

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Prévenir la violence scolaire :

Les recommandations de l’UNICEF France

A travers le rapport « A l’école des enfants heureux… ou presque », l’UNICEF France souhaite

donner de la visibilité, dans un esprit le plus constructif possible, à la question de la violence scolaire.

Il souhaite aussi alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative sur la situation de

souffrance d’une importante minorité d’enfants pour laquelle l’école élémentaire est un lieu de

violences et de souffrances.

L’UNICEF France plaide pour une politique de prévention précoce de la violence scolaire, basée sur

l’intérêt de l’enfant et visant à développer ses aptitudes fondamentales, à construire l’estime de soi, à

résoudre les conflits, à « vivre ensemble », dans le respect des autres et des règles de la vie

collective. La prévention précoce (qui s’oppose en tout point à la « répression précoce ») de la

violence scolaire est essentielle pour :

- protéger les enfants victimes de violences et de harcèlement,

- assurer un climat scolaire paisible, favorable au développement de l’enfant, à son épanouissement

et à sa réussite scolaire,

- lutter contre l’échec et le décrochage scolaires qui favorisent, à terme, la violence et la délinquance

des enfants et des jeunes.

L’UNICEF France reprend à son compte une des recommandations majeures de ce travail de

recherche national :

prévenir est un droit des enfants : contre les effets de long terme du harcèlement entre pairs, il est

nécessaire d’établir des politiques publiques et des programmes efficaces : il s’agit d’interrompre la

construction d’une victimation continue et celle d’une carrière sinon délinquante, du moins violente ».

« Intervenir dès le plus jeune âge, non pour ficher et punir mais pour aider et

L’UNICEF France appelle les pouvoirs publics à s’emparer de la question de la violence scolaire et à

définir des politiques publiques et des programmes efficaces de prévention. La prévention a bien-sûr

un coût, mais ce dernier est bien moindre que celui des conséquences à moyen et long terme de la

violence scolaire sur les enfants et la collectivité en général.

L’UNICEF France, partenaire du Ministère de l’Education nationale (MEN), préconise en particulier la

formation des enseignants et des autres personnels tels que les infirmières et psychologues

scolaires, le personnel des cantines, etc. La prévention de la violence scolaire passe aussi par la

sensibilisation des parents d’élèves, notamment à travers des campagnes publiques. Enfin, l’écoute

et la participation des enfants (à la mesure de leurs possibilités) devront constituer un axe central des

actions mises en oeuvre, conformément à l’esprit de la Convention internationale des droits de

l’enfant.

L’UNICEF France recommande également la valorisation de certaines expérimentations, menées en

France comme à l’étranger, qui ont montré leur efficacité, et la mise en place de programmes pilotes

adaptés à la réalité française et dûment évalués. A cette fin, l’UNICEF France s’engage à inscrire ces

priorités d’action dans son partenariat avec le MEN fixé par un accord-cadre quinquennal. L’UNICEF

France invite aussi le Ministère de l’éducation nationale à la constitution d’un groupe de travail

pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de

promouvoir et de développer la mise en oeuvre de ces programmes.

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