ALGERIE/Ensemble pour la non-violence
   
 
  Violence en milieu scolaire à Oran
Actualité (Dimanche 19 Avril 2009)

Violence en milieu scolaire à Oran
Ces drames qu’on aurait pu éviter
Par : DJAMILA LOUKIL
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La violence en milieu scolaire est aujourd’hui enfin abordée et fait même l’objet d’un débat entre les acteurs concernés, car interpellés par le phénomène.

Il est entendu que “l’école” subit cette violence présente dans la société où les rapports sociaux s’expriment par les violences physique, verbale, morale...
La formation, au sein d’un groupe de lycéens, de médiateurs de conflits en milieu scolaire, lancée récemment à Oran, est venue en réponse à une succession d’actes dont la gravité a atteint son paroxysme en 2008/2009 avec la mort, à 5 mois d’intervalle, de deux collégiens tués par leurs camarades.
Il ne s’agit pas ici d’évoquer une sorte de fatalisme, qui aurait conduit à cet acte irrémédiable, mais de comprendre les dysfonctionnements et les défaillances du système scolaire, son fonctionnement bureaucratique et sclérosé qui ont été dans ce cas incapables d’anticiper et prévenir ce drame.
En effet, nous avons pu rencontrer ces jours-ci l’un des médecins, responsable de la cellule de crise et d’écoute psychologique, qui avait été mise en place au lendemain d’un de ces drames, et ce, à la demande du personnel enseignant du CEM Zaki-Saïd.
Ainsi, il nous sera confirmé que l’auteur du coup fatal, M. M., avait été l’année passée lui-même victime d’une agression au sein même de son établissement.
Parce que n’ayant pas répondu à cette agression ou ne s’étant pas défendu, il était devenu en quelque sorte la bête noire des autres collégiens, qui n’avaient de cesse de l’humilier en le traitant de “Jeyah”.
Le Dr Benzine du SEMEP Émir-Khaled, sous-secteur des Planteurs, qui a participé aux séances de psychothérapie durant 3 semaines, avec les élèves qui ont assisté au meurtre, mais également avec des enseignants revient aussi sur ces faits. “Nous avons à ce moment appris que M. M. avait été aussi victime d’une agression et que depuis il était suivi par un psychiatre. Il était, d’ailleurs, nous a-t-on dit, placé sous tranquillisants au moment des faits… Le jeune de 17 ans, qui est décédé pour un banal conflit, était un ancien élève du CEM”. Ses parents, nous dit-on encore, avaient demandé le transfert de leur fils vers un autre établissement, probablement pour le soustraire aux railleries dont il était l’objet. La Direction de l’éducation avait également orienté le jeune collégien vers un psychologue dont les conclusions ne faisaient état d’aucun comportement particulièrement agressif, nous avait déclaré récemment le directeur de l’éducation d’Oran. Des enseignants nous expliquent qu’il est impossible de gérer une telle situation avec 3 surveillants pour 1 400 élèves, alors que l’on se trouve dans un quartier difficile où la malvie, la drogue, l’insécurité, les dégradations sont un quotidien qui pèsent sur tout le monde. “Nous avons fait des séances de psychothérapie avec de nombreux collégiens, filles et garçons, notamment un groupe de 15 élèves que la direction de l’établissement nous a indiqués comme étant très difficiles et agressifs, nous avons été frappés de constater par leurs paroles à quel point la violence était présente dans leur quotidien. Aujourd’hui, si l’on ne veut pas perdre le bénéfice de ce travail, il est impératif d’avoir sur place en permanence un psychologue…”
Un rapport a été transmis à la Direction de l’éducation, la Direction de la santé mais rien ne semble venir… La famille de la victime G. M. n’a pas fait totalement son deuil, un procès devra avoir lieu et qui ravivera les souffrances, la douleur de la perte d’un fils.
À côté de cela, l’administration ne semble vouloir tirer aucune expérience et l’on s’évertue à s’agiter pour organiser une matinée de réception et de remise de cadeaux à l’occasion de Youm El-Ilm au CEM Zaki-Saïd.
Alors que les besoins sont ailleurs, c’est-à-dire dans la prise en charge d’adolescents parfois perturbés, d’enseignants n’arrivant plus à gérer des classes de 50 élèves et ne sachant quelle réponse apporter à la violence au quotidien, et surtout de mettre en place une politique d’encadrement des établissements qui seraient prioritaires.

DJAMILA LOUKIL

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